8 dec – Ocean d’algues et steak frites

Depuis 3-4 jours, nous traversons des milliers (millions ??) d’algues, agglutinées en paquet allant jusqu’à former des plaques de 10 mètres sur 5. Un territoire au moins aussi grand que la France au milieu de l’Atlantique est donc recouvert de ces algues. Je n’ai jamais vu cela et je ne sais d’où elles viennent. Quelqu’un pour nous éclairer? (note: il s’agit de la Mer des Sargasses)

On rêve haut et fort d’un bon steak, ou d’un canard a l’orange. Encore 7 jours et nous serons – sauf contre temps – a la Barbade. Gabi fait des miracles avec les restes. Hier soir, Mno et moi avions l’impression d’être en Malaisie, de manger du riz avec une préparation massala. Il fait franchement chaud, TROP chaud. Le soleil cogne cogne cogne, et heureusement que Tikehau est équipé d’un Bimini, un au-vent qui recouvre le cockpit pendant la journée.

Position a 14h50 TU -2 (17h50 a Paris) le 8 decembre
14N25,6′
45W31,4′
Cap 300
Vitesse 5 noeuds
Distance Barbade 824 MN – soit 115 MN en 24 heures. On devrait y être pour le lundi 15 décembre. Nous croisons évidemment tous les doigts que rien de fâcheux n’arrive d’ici là.

Bonne journée à tous

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7 déc – Douce vie bord avec 4 hommes – perception féminine

Message de Mano, la femme du bord:

Que la vie est douce a bord avec 4 hommes !

Lorsque je prends mon quart le matin a 8h, la journée commence par un défilé de gymnastique (abdos, pompages et autres) et stretching divers par trois des quatre hommes en slip/ maillot de bain sur l’avant du bateau. Me voila donc bien reveillee !

Que la vie est douce a bord en regardant la quantite de poiles de torses ( ?) masculins a peu pr partout sur le bateau, meme dans des coins les plus improbables ! Malgre mon petit coup d’eponge regulier, il me semble que des poiles masculins ont la capacite de s’autoregenerer. Je declare donc la premiere culture de poile humains ouverte (et sur un bateau en plus !).

Qu’il est bon de naviguer avec 4 hommes : la vaisselle du petit dejeuner qui traine dans l’evier jusque midi, des paquets de pains, biscuits et autres entames a decouvrir dans des endroits differents tous les jours, la bouilloire remplie d’ea chaude qui siffle depuis 10 min mais personne pour venir eindre le gaz !

Des hommes qui declarent sans rougir qu’ils ne se sentent pas sales apres 10 jours sans douche !

MAIS, qu’est-ce que j’apprie alement d’avoir de la gite ! Gre cela la planche des WC reste en permanence baissee (qui peut pretendre avoir ca a la maison ?) !

Je suis egalement devenue incollable sur le moteur et le circuit electrique du bateau.

Que la vie est douce a bord avec 4 hommes, surtout l’heure de l’apero et de notre petite biere quotidienne au coucher du soleil (quoique je suis peut-etre la plus grande consommatrice de biere bord, le coca-cola etant un concurrent direct pour certains equipiers).

Quel bonheur d’etre avec 4 hommes a bord qui ne prononcent pas le mot regime toutes les 3 phrase : vive le grignotage sans complexe (jamon a 5 heures du mat, soupe vermicelles japonnaise a 3h du mat, bonbons bonbons bonbons) !
C’est un vrai festin gastronomique et creatif (puree aux anchois hier soir) que je peux savourer tous les soirs ! Et c’est encore plus apprecie quand on a pas du le cuisiner !

C’est une experience que de partager ces quelques semaines de navigation avec 4 hommes, c’es
t instructif, c’est appaisant, cest amusant, ca laisse des traces, et surtout de bons souvenirs !

6 dec – Une dorade pour Saint Nicolas

Saint-Nicolas est arrivé avant l’heure sur Tikehau. Hier en fin d’après-midi, une dorade d’une soixantaine de centimètres a pris notre appât rouge et blanc pour un petit poisson. Deux heures plus tard, nous la degustions avec du gingembre, lait coco, accompagnée de courges et de riz.

On approche de la mi-transat. Depuis hier soir, on est sur la route directe a vive allure. 6 noeuds. On a encore assez de vivre pour tenir jusqu’à la Barbade, c’est une bonne nouvelle !!

On voit des choses surprenantes en mer. D’abord des centaines de petits sapins de Noël, en réalité des algues… mais d’ou viennent elles? Puis ces bancs de poissons qui restent a l’ombre de notre carène.

Position a 14h20 TU-1 le 6 decembre
16N47,5′
41W15,3′
Cap 270
Vitesse 6 noeuds
Distance de la Barbade 1087 MN – donc 125 MN en 24 heures.

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5 dec – une semaine en mer et le plein d’emotions

Autant la journée de hier parut monotone et lasse, autant nous avons deja eu notre dose d’émotions pour aujourd’hui. Jeudi, un vent mollasson nous obligea a faire un cap médiocre. La journée ne fut égayée que par notre premier pain et un bon cake qu’on avait préparé. Vers 5 heures, nous avons enfin empanne, nous voguons désormais bâbord amures et mais faisons toujours cap a l’ouest aujourd’hui.

Ce matin, après avoir envoyé le spi, Theo me notifie que le premier (des deux) réservoirs d’eau douce est vide. Incrédules, on se mit a chercher une explication. Ce réservoir, plus grand (200 L) que le deuxième (130L) ne peut être vide en 7 jours a peine. Aurait on consomme 30 L par jour ? Impossible ! Un peu d’angoisse s’empare de moi, avec 130L restant, c’est vraiment galère pour tenir encore 10 jours. Apres avoir exploré le manuel du propriétaire d’Oceanis 37, on trouva l’origine du problème. C’est un clapet 3 position qui alimente la pompe a pied de la cuisine. Ferme-eau de mer – eau douce…. On a donc gaiement fait la vaisselle a l’eau douce les 7 derniers jours… Pas de panique, mais faudra être prudent quand même…Ce n’est pas qu’on a trop d’eau maintenant. La vaisselle sera a l’eau de mer… on ne touchera plus a ce clapet… Comme j’aime le rappeler a l’équipage, l’accident grave n’est jamais loin, donc il faut rester vigilant. On a eu beaucoup de chance cette fois-ci. Par contre le concepteur de ce clapet 3 positions !!!!!!

Deuxième émotion de la matinée, quelques thons qui nagent à coté de Tikehau – au lieu de mordre a notre traîne. Theo puis Gab essaient vainement de les tirer avec leur fusil de chasse (sous- marine), sans succès. Un beau moment de voir ces thons a quelques mètres de notre coque.

La progression au cours des derniers 24 heures fut donc mauvaise. Mauvaise vitesse et mauvais cap. En une semaine, nous avons quasiment fait 800 MN… soit exactement la même performance qu’entre la Gomera et Mindelo. Il nous reste 1212 MN jusq’a la Barbade, soit 10 jours si on continue à ce rythme, ce qui est probable. Les prévisions météo sont plutôt bonnes, dans la nuit de dimanche à lundi, le vent devrait se renforcer à 20 nœuds pour quelques jours. Cela aidera a augmenter la moyenne.

Position a 14h20 TU-1 le 5 décembre
17N38,1′
39W11,2′
Cap 270
Vitesse 5,4 kts
Distance de la Barbade 1212 MN – soit 94 MN en 24 heures (:-( pas terrible)

4 dec – La routine des gens vernis

La routine s’installe petit a petit, il fait très chaud, trop pour rester à l’intérieur. On fait un cap vraiment mauvais depuis quelques heures, du coup la moyenne est affectée, a peine 108 MN en 24 heures. L’événement est qu’on va empanner maintenant, car la on va franchement dans la mauvaise direction, cap 330 en ce moment, mais bon le barreur ne veut pas abattre… On a hisse le spi ce matin. Du coup le planning c’est, on affale le spi, on nage, et puis on empanne cap 240 j’espère. On est en pleine tentative de faire un pain.

Theo a fait le nettoyage dans les oeufs, tomates et poivrons qui pourrissaient gentiment. Pour rassurer les lecteurs, l’inventaire des denrees restantes a ete fait, on a de quoi tenir encore 3 semaines.

On a fait le gros de nos courses a Tenerife il y a 3 semaines. Niveau frais, les pamplemousses, les courgettes, les pommes vertes, les oranges, les citrons et les oignons vont encore tres bien.

Position a 14h20 TU-1 le 4 decembre
17N38,7′
37N31,7′
Cap 330 (mais on empanne dans 1h max)
Vitesse 330
Distance Babarde, 1306 MN – soit 108 MN en 24heures.

3 dec – rencontre au milieu de l’ocean

Etrange rencontre que ce ketch battant pavillon allemand. On l’a croise hier 16N48,8′ 33W31,7′ a 17h37 TU-1. En les appelant a la vhf, le capitaine d’Argonavis (?) raconte qu’ils font egalement route vers la Barbade. Il continue son histoire en expliquant qu’ils sont partis mardi (!) de Mindelo au Cap Vert. Pour rappel Tikehau a quitte le meme port 3 jours plus tard.
L’Argonavis a rencontre une petole seche en direction du Bresil et a donc decide de changer de cap et de direction. Adios Brasil, Hola Barbados. Le petit hic a ce plan est que le navire fait un mauvais cap… Alors que nous progressions au 290, le ketch allemand progressait au 220 !! Le capitaine s’en est plaint. Son bateau ne pourrait tenir un cap plus abattu…

La journee de hier fut chargee pour le skipper de Tikehau. Lever a 5h du matin pour un quart jusqu’a 9h. Ensuite apres avoir ete releve par JM, un pamplemousse pour le petit dejeuner. Nettoyage pont et toilettes. Quelques sudokus et la fin du livre Triangle de Ken Follett. S’en suit la preparation du taboule pour le midi, puis la redaction du billet de hier (2 dec), suivi par nettoyage en profondeur de la cuisine. Cours particulier pour Mano, sujet du jour le moteur. Nous avons d’ailleurs rajoute un peu de liquide de refroidissement. Apres apero et repas, et vu le changement des quarts, nouveau quart de 20h a 24h… meme pas eu le temps de faire une sieste. C’est presque la pleine lune et elle nous eclaire incroyablement bien durant la nuit. On pourrait presque lire un livre sur le pont.

Les conditions sont toujours tres bonnes. Pas certain d’avoir beaucoup a manger, mais heureusement on progresse bien. Gabi a decide que dans un cas extreme de derive prolongee, si l’on devait avoir recourt a l’antropofagie, JM presentait la meilleure option a sacrifier en premier vu son grand gabarit et appetit. Au grand rire collectif.

On touche du bois pour que tout continue de fonctionner correctement. On a installe le panneau solaire de secours (90W) qui sert a charger un peu les batteries (voir le billet detaille de hier).

Position a 14h20 TU-1
17N26,1′
35W35,7
Cap 240 (on a empanne a l’instant)
Vitesse 5 kts
Distance Barbade 1414 MN – On a donc avance de 133 MN les 24 dernieres heures.

2 dec – Bilan electrique de l’Oceanis 37 en transat

Recapitulons. Nous sommes 5 sur Tikehau, un voilier de 11m modele Oceanis 37. Pour l’instant, nous sommes 700km a l’ouest du Cap Vert. On fait route vers les petites Antilles qui se trouvent a 3200 km devant notre etrave. On est parti le 19 octobre 2014 de Bretagne, plus precisement du Crouesty dans le Morbihan. Les escales jusqu’a present ont ete La Corogne (Espagne), Vina do Castello, Lisbonne et Madere au Portugal, Tenerife et la Gomera (Iles canaries), Sao Vicente et Santo Antao (Cap Vert).

Theo et Gab qui sont a la base de ce projet travaillent a un reportage sur les iles de l’Atlantique en 7 mois. Ils analysent comment les iliens utilisent leur environnement particulier a leur avantage. Gab se concentre sur les ressources marines, Theo sur les ressources terrestres. Jean-Michel est un ami du papa de Theo (Benoit, par ailleurs heureux proprio de Tikehau) et renforce l’equipage pour cette transat aller. Mano et moi sommes la pour skipper le voilier. Et on a rencontre Benoit via internet.

Bon, comme vous le savez, notre hydrogenerateur ne fonctionnera pas durant ce voyage. Vu que nous ne pourrons utiliser cette energie renouvelable, on chargera les batteries grace a l’alternateur du moteur Yanmar 29CV du bateau. Afin d’avoir une bonne compréhension de notre consommation electrique, Mano a fait un bilan electrique de notre consommation extrêmement modérée à bord.

Bilan électrique

Pour commencer un peu de vocabulaire.
La tension (U) s’exprime en Volt (V).
Le courant (I) s’exprime en Ampère (A).
La puissance (P) electrique s’exprime en Watt (W). La puissance égale à la tension fois le courant (P= U x I).
A bord de voiliers, on utilise souvent le courant pour décrire la puissance ou consommation instantanee d’un instrument. Le pilote automatique consomme 8 A… En fait il faut dire, il consomme 96 W (12V x 8A = 96 W).
La consommation totale (sur une journee par exemple) s’exprime en Watt-heure. 1 Watt pendant 24 heures = 24 Wh. Sur un bateau on utilise Ampere-Heure, la tension étant toujours 12V…

Tous les instruments electriques du bord sont alimentés en 12 Volt depuis 2 batteries avec une capacité de 100 Ah (Ampere-heure). Chaque jour, nous consommons approximativement 90 Ah d’energie électrique. Cela equivaut a 1080 Wh (Watt-heure), ou 1,08 kWh. Les plus gros consommateurs sont le frigo (20 Ah par jour) et le systeme de navigation de base (loch, sonde, repetiteurs – 36Ah par jour) car il est tout le temps allume. Le pilote automatique (8A) et le chargeur de l’ordinateur de bord (4A) consomment beaucoup, mais on les utilise tres peu.

Autres donnees intéressantes. Les lampes LED a l’interieur consomment 0.1 A, tandis que les lampes spot halogene (cabine arriere tribord) consomment 1 A… Le feu de route LED en tete de mat consomme 0.5 A… les feux de route d’origine au niveau du pont 5.2 A !

Si on voulait vivre de maniere plus confortable a bord, le frigo tournerait plus et on utiliserait enormement le pilote. Il nous faudrait alors 220 Ah par jour. On a calcule qu’il faudrait des panneaux solaire d’une capacite de 700 Wp (Wp = Watt peak ou Watt crete), soit quasiment 4 m2 pour couvrir quotidiennent une telle consommation.

Nouvelles du bord

Toujours delicat de donner des nouvelles. Surtout que ce blog est le seul canal utilise pour communiquer avec nos familles pendant les presque 3 semaines de traversee. Un mot, une phrase peut etre tres facilement mal interprete… Resultat des courses on s’imagine des catastrophes a terre alors qu’en mer tout baigne.
Justement, tout baigne ici. L’equipe est tres disciplinee concernant la consommation d’eau. C’est tres bien. Leur peche mignon est plutot le grignotage. Un gateau par ci, un morceau de fromage par la, du jamon espanol par ici…
Chacun prepare a son tour le repas et fait la vaisselle ensuite. J’observe des differences entre la cuisine francaise et la belge. Cote francais (du moins a bord), on choisit des oeufs, de la creme fraiche, du beurre (du beurre du beurre). Cote belge, on tient a sa cerveja (biere) chaque jour et on est plutot ail ail ail.

JM a prepare un FAR breton (oeufs, creme, beurre etc…) avec des prunaux. Gabi veut nous rappeler qu’on est en hiver et choisit en general des plats a base de pomme de terre.

Les conditions sur zone sont toujours excellentes. 15 noeuds de NE, et nous filons vers le but. On est deja quasiment a 25% de la distance !

Position a 14h15 TU-1 (heure capverdienne)
16N44,0′
33W11,4′
Cap 300
Vitesse 6,5 kts
Tikehau se trouve a 1547 MN de la Barbade. Notre prochaine escale est donc 139 MN moins loins qu’il y a 24 heures.

1 dec – Pas d’hydro mais des dauphins

Ce matin nous avons retesté l’hydrogénérateur dans des conditions optimales. Vitesse 6 noeuds, batterie 12,5V… Et rien… Malgré la nouvelle connectique, le LED continue de nous narguer en clignotant vert… signifiant batterie pleine… (D’après le manuel) On a tous abandonné l’espoir je pense de le voir fonctionner. Il faudra qu’un electronicien pro s’en charge aux Antilles. Les batteries se chargeront grace au moteur qui devra tourner 1H30 par jour.

Apres la petole de la nuit de samedi a dimanche, nous avons commence a « pulser ». D’abord sous spi, puis avec le genois et la grand-voile. La progression est tres bonne sur les dernieres 24h en suivant la route orthodromique. La nuit derniere a ete plus agitee, avec des grains et du vent. La bonne nouvelle est que la meteo sera tres favorable les 5 prochains jours, 15 noeuds de NE ou E. On ne peut rever mieux pour avancer rapidement sans stress du gros temps.

A petite dose, j’essaie d’apprendre a l’équipage de prendre soin du materiel. Par exemple, le génois est roule de quelques tours pour eviter qu’il ne frotte (et s’use) contre le balcon. Chaque matin, nous lavons le pont. Dans 2-3 jours nous affalerons la GV pour etre certain que la drisse ne s’use pas trop (et eviter qu’elle ne rompe) au frottement avec le rea.

Theo et Gab ont enfin mis leur ligne a l’eau. 100m de cable nylon… Viens petit poisson… Viens.

Hier soir, avant l’apéro de 18h. Une cinquantaine de dauphins (peut etre même 100) sont venus nous saluer. Ils sautaient dans tous les sens et chassaient des poissons. La journée nous ne voyons que rarement quelque chose (un cargo hier), la nuit parfois quelques feux au loin.

Position à 14h15 TU-1 (16h15 en Europe)
16N14,0′
30W43,4′
Cap 290
Vitesse 5,5kts
Distance de la Barbade 1686 MN. On a donc gagne 134 MN sur la route directe en 24h.

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Route orthodromique ou loxodromique

Une des particularités des longues traversées, ce sont les choix de route. L’orthodromie ou la loxodromie?

Une route orthodromique (en grec orthos = droit et dromos = chemin) est la route la plus courte sur une sphere (comme la terre). Projetée sur une carte (2D) comme on utilise a bord, l’orthodromie apparait comme une courbe. Aussi, le chemin le plus court du Cap Vert vers les Antilles nous fait d’abord remonté légèrement vers le nord bien que la destination finale soit plus au sud. A mi chemin (plus ou moins) on redescendera vers le sud (cap 240 p.e.). Vous n’arrivez pas a suivre? Pensez a votre avion Bruxelles -Pekin/Shanghai/Tokyo. Bien que la destination se trouve plein est, le vol montera d’abord vers le nord pour survoler la Siberie avant de repiquer vers le sud sur sa destination finale. Les Russes ont bien compris l’avantage strategique de leur grand territoire et ponctionnent d’ailleurs un droit de survol consequent pour tous ces avions entre Europe et Asie.

La route loxodromique (en grec loxos = oblique) est une route a cap constant. Ainsi, la loxodromie jusqu’a la Barbade depuis Mindelo exigerait de prendre un cap constant de 260 (+-). Sur nos cartes qui utilisent toutes la projection de Mercator (célèbre belge !!), cette route loxodromique apparait comme une droite parfaite. Cependant la route est plus longue que l’orthodromie. Revenons a notre avion pour Tokyo. En loxodromie il survolerait la Chine, en orthodromie il passe plus au nord (Russie).

En pratique, au (quasi) niveau de l’équateur à 15° degrés Nord, la route loxodromique et orthodromique tombent presque ensemble. Plus au nord, entre New York et l’Irlande par exemple , l’écart entre la loxo et l’ortho est significatif !!

Les voiliers qui traversent l’Atlantique du Cap Vert vers les Antilles peuvent également prendre une troisième route que je nommerai la route des alizes. A cote de l’orthodromie (route nord), la loxodromie (route mediane), la route des alizes (nom que je choisis a l’instant) serait une route plus sud. L’idee est de piquer plus au sud pour aller chercher ces vents constants et favorables dits Alizes. Cette route des alizes est encore plus longue que la loxodromie. Il y a 4 ans, on etait parti a 3 bateaux des Glenans de Tenerife. Les deux premiers, Gaia et Perine, avaient choisi la route des alizes, a bord de Zebulon on avait pris une route +- loxodromique. Resultat sans appel… Gaia et Perine avec respectivement 4 et 2 jours de retard l’arrivee… (comme si une voiture de formule 1 terminait 6 tours apres le premier).

Tikehau pour l’instant se trouve entre la route Loxodromique et la route Orthodromique. La « stratégie » qu’on applique est de descendre un rien sud (en moyenne cap 265) pour remonter vers le nord des qu’on aura le vent plein est. Notre route est donc dictee par le vent actuel et futur.

Parlons justement du vent. Il est timide depuis notre depart, une dizaine de noeuds tout au plus depuis samedi matin. Les fichiers meteo (Grib) que je telecharge grace au telephone satellite (irridium) predisent un renforcement ce soir. On attend cela avec impatience, car a l’allure actuelle, on mettrait 30 jours !! Les previsions Grib se sont jusqu’a present revelees d’une precision redoutable, voire malefique. Jusqu’a 3-4 jours a l’avance, ils anticipent les variations de vent a une ou deux heures pres. On a hisse le spi vers 10h ce matin mais on ne va pas tarder a l’affaler car le vent forcit petit a petit.

Les nouvelles du bord. On a entame la Pata Negra (miam). On a jete les oeufs achetes en Bretagne par dessus bord (pourris). Gab a passe 2 heures pour confectionner une nouvelle traine… j’attends le poisson… Theo et Gab sont plutot fatigues apres avoir ete les rock stars de Mindelo. Ca tombe bien on a plutot le temps de dormir a bord. Hier soir nous avons fait une partie de Tarot tous ensemble pendant l’apero, c’etait sympa. Mno est avide d’approfondir ses connaissances theoriques de la voile. Je lui donne un petit cours chaque jour. Hier on a revu le vocabulaire (plus avance) du bord. Aujourd’hui on fera quelques exercices sur cartes (estime, points par 3 relevements).

Position a 14h10 TU-1
16N24,8′
28W25,1′
Cap 275
Vitesse 6,5 kts
Distance de la Barbade 1820 MN. On a donc a peine gagne 90 MN sur la route directe en 24h.

29 nov – Conditions molles pour commencer

Difficile de maîtriser nos emotions au moment de notre depart devant nos amis ce vendredi. Un cafard inexplicable nous envahit, alors qu’ils agitent les bras et que Tikehau s’eloigne. On espère les revoir aux Antilles ou en Bretagne. Dans le chenal entre Santo Antao et Sao Vicente, l’alizé accélère (effet venturi) jusqu’a 25 noeuds. On trace en compagnie de 5 autres voiliers qui ont également quitté Mindelo cette apres-midi.

Alors qu’on fait 2 heures au moteur sous le vent de Santo Antao, Theo et Gab nous préparent du poisson achete au marche. Ce qui est sur c’est qu’ils savent bien cuisiner, maintenant il ne faut plus que pêcher.

Pour ces premiers jours de nav, le vent est bien calme, une dizaine de noeuds de Nord- Nordest. On avance a une vitesse entre 4 et 6 noeuds. Des conditions idéales pour se remettre dans le bain avec notre escale de 5 jours au Cap Vert. La nuit a été fort calme.

Position a 14h22 TU-1 (soit a l’heure du Cap Vert, il est 16h22 en Belgique) 16N32,5′
26W50,7′
Cap 280
Vitesse 4 kts
Distance Barbade 1911 MN – on espère y etre pour le 16 décembre

Avis sur la Marina Mindelo – São Vicente – Cap Vert

La Marina Mindelo est exceptionnelle si l’on prend en compte qu’on est en Afrique, et qu’avant son ouverture en 2008 il n’y avait pas grand-chose. La ville se développe grâce à l’aéroport, la marina et sa baie abritée pour le mouillage. C’est à peu près le seul mouillage correct des environs. Sur l’île de Boavista par exemple il vous sera difficile de laisser votre voilier au mouillage pour explorer l’île. 

Points forts

– Localisation idéale à 50 mètres du centre de Mindelo – deuxième ville du Cap Vert
– Avitaillement facile et relativement correct.
– électricité et eau sur les pontons / sanitaires propres 
– Seule Marina au bout du monde … Quand même vachement pratique
– Ambiance exceptionnelle
– Shipchandler Boatcv correct, ils pourront vous aider avec vos problèmes (électroniques e.a.).

Points négatifs 

– wifi de la marina limité – la plupart des plaisanciers vont dans des bars environnants, 
– Énormément de clapot, faites attention à bien tendre votre pendille car à marée basse, des voiliers peuvent taper les pontons avec leur poupe ! Beaucoup de voilier préfèrent rester au mouillage pendant quelques jours avant de prendre un ponton au moment de faire l’avitaillement ou de circuler sur les îles. 
– Formalités lentes, heures d’ouverture du bureau d’immigration aléatoire 

Que faire à Mindelo

Mindelo est une ville agréable avec tout ce dont vous rêvez, wifi, gaz, gasoil, bar, resto… Pour voir de beaux paysages, faire des randos, prenez le ferry Armas jusqu’à Porto Novo sur Santo Antao. Prenez votre temps, jusqu’à une semaine pour explorer cette île à l’extrémité nord est de l’archipel. 

Sur l’île de Mindelo (São Vicente), il n’y a vraiment pas grand chose à faire hormi
– profiter du wifi correct
– se balader dans les faubourgs de Mindelo
– grimper le Monte Verde (740m)
– voir la tombe de Cesaria Evora
 Oubliez les villes de Baia de Gatas et Calhau, minuscules et complètement mortes en dehors du week-end.

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28 nov – 16h10 on largue les amarres

Nous sommes partis a 16h10 du port de Mindelo. Tikehau a les cuves d’eau et de gasoil remplies. On a un peu plus de 2000 MN jusqu’a la Barbade ou 2100 MN jusqu’a la Martinique. 17 jours de mer est un objectif… le 15 decembre de l’autre côté de la mare donc !

Le départ était émouvant avec les saluts de nos amis Patricia, François, Evelyne, Patrick et François. Ils nous ont donné un petit souvenir au couleur du cap vert à mettre sur notre frigo a Bruxelles.

Cap Vert on reviendra.

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Santo Antao – randonnées joyeuses

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Sur le débarcadère de Porto Novo, une trentaine de chauffeurs de taxi ou minibus haranguent les passagers fraîchement débarqués du ferry de 9 heures. L’un d’entre eux me convainc presque que 2000 escudos (20€) jusqu’au sommet du Cova sont un bon deal. Alors qu’il ne me lâche pas la grappe, je demande à Mno d’aborder le groupe juste à côté de nous afin de partager un « aluguer ». Ils nous acceptent à bord de leur 4×4 avec grand plaisir et cet instant chanceux eut un impact génial sur notre séjour à Santo Antao.

Cette île verdoyante est la deuxième plus importante du Cap Vert avec 779 km2 et située à l’extrémité nord ouest de l’archipel. Santo Antao est très escarpée et volcanique avec trois sommets qui culminent au dessus de 1800 m. L’activité principale est l’agriculture. Les récoltes de banane, canne à sucre et maïs sont ensuite exportées vers Mindelo – capitale de l’île voisine de São Vicente. 

Notre aluguer nous emmène à 1200m au cratère de Cova via l’estrada corda, un chemin pavé (comme tous sur l’île) au milieu d’un décor désertique ! Nos cinq français, Patricia et François, Evelyne et Patrick, et François , naviguent sur 3 voiliers – tous prêts à traverser l’océan comme nous. Avec Isabel, une portugaise nous formons un joyeux groupe de 8.

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Durant 5 heures, nous avons marché autour du cratère de Cova et descendu la vallée de Paúl ( pa-oul). Evelyne et Patrick, ainsi que Patricia et François, nous servent de guide sur les petits chemins raides, ils ont déjà fait cette rando il y a plusieurs années lors de leur précédent tour de l’Atlantique avec leur 2 filles. On est impressionné par le paysage, des terrasses, des pics, des petites maisons. Une capverdienne avec au moins 10 kg de bois sur la tête nous dépasse pieds nus dans la descente.

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Alors que nous nous connaissons à peine, on se surprend à rire à pleins poumons en permanence. Le pique-nique prouve que nos nouveaux amis sont pleins de resources inattendues. Dans leur petit sac à dos, ils ont prévu pain, fromage, jambon, salade de pâte, banane, vin, bière, couvert assiette verre !!!!!!!! Mno et moi sommes bien gênés, on était loin de s’attendre à pareil festin et nous n’avons que de pauvres Tucs et une bouteille d’eau dans notre sac à dos déjà trop lourd à notre goût. Pourtant ils partagent leur festin généreusement avec nous.  Le chemin devient moins raide après le déjeuner et nous finissons la rando autour d’une bonne bière à Vila Das Pombas au bord de l’eau.

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Après une demi-heure de « aluguer » jusqu’à la capitale de Santo Antao, Ponta Do Sol, nous descéndons tous au même hôtel, les jambes plutôt lourdes ! Ponta Do Sol est une jolie petite bourgade avec quelques « pensions » et restos. Après les caipirinhas d’usage pour l’apéro, Nous dînons dans le très recommandable BeiraMar – thon grillé légume et dessert pour 600 escudos (6€).

Mercredi neuf heures, nous sommes tous les 8 déjà en route sur le spectaculaire Sentier côtier qui relie ponta do sol à cruzinha. Pendant 12 km, ce chemin monte et descend à flanc de falaise. La mer sur la droite et des terrasses (pour la culture de maïs) sur la gauche. Patrick, marathonien, imprime le rythme, nous essayons de suivre ! On en revient pas, après 1h30 de marche, on passe par les villages de Fontainas et Corvo, uniquement accessible par ce chemin casse gueule ! Il y a des éboulis par endroits, et à un endroit il faut se tenir à une corde pour éviter de tomber 50 m plus bas dans la mer. Mno et Evelyne affrontent leur vertige grâce à leur chéri 🙂 . On finit cette nouvelle rando à Cruzinha. Le retour en aluguer par la montagne restera aussi un grand moment, avec des paysages inoubliables. Santo Antao est un paradis pour randonneurs, nous serions bien restés encore plus longtemps.

Ces deux jours sur cette île africaine du bout du monde resteront parmi les excellents souvenirs de notre voyage. Pour les paysages grandioses mais aussi pour la fabuleuse rencontre avec nos nouveaux amis.

Patricia et François de Saint-Malo continuent leur chemin à bord de leur voilier Sun Fizz nommé Loustal, ils prendront la semaine prochaine la direction de Salvador de Bahia au Brésil. C’est déjà leur troisième grand voyage.

Evelyne et Patrick à bord de Julia II, un Etap 37, traverseront vers Grenade aux Antilles. Avec de la chance, nous les reverrons en janvier là-bas ! Les deux veinards en sont également à leur troisième boucle atlantique !

François, à bord de Jonathan, un côtre Alu de 12m, va partir pour la Martinique. Il vit et navigue depuis plus de 5 ans sur son bateau – sans date de retour imposée ! Pour la traversée il sera aidé par deux bato-stoppeuses !

Isabel la Portugaise, démarre sa société pour promouvoir les énergies renouvelables dans les pays portugophones. Elle vient de finir un stage au conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC).

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Récit Vidéo: La Gomera – Cap Vert

La semaine de navigation entre les deux splendides îles de La Gomera (Canaries) et Sao Vicente (Cap Vert) n’a pas été de tout repos. Tikehau et son équipage ont dû faire face à de nombreux grains. Les premiers jours on a même dû faire du près – chose inhabituelle sur cette route là.

ile de São Vincente

ile de São Vincente

Mindelo – deuxième ville du Cap Vert

L’archipel du Cap Vert est situé au large du Sénégal et a été colonisé par les portugais jusqu’à l’indépendance en 1975. Pour l’Afrique noire, le Cap Vert peut se vanter d’avoir une démocratie solide et stable. Mindelo est un port naturel et aussi la deuxième ville du Cap Vert avec un peu plus de 70.000 habitants.

Cette citée coloniale a connu ses heures de gloire comme station ravitaillement en charbon pour les vapeurs qui traversaient vers l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, la petite ville revit grâce au tourisme. Une marina qui peut accueillir jusqu’à 120 voiliers a été construite en 2007. Les plaisanciers (comme nous) profitent de cette douce escale qui raccourcit la traversée vers les Antilles ou le Brésil.

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24 nov – Terre en Vue

Plus qu’une douzaine de milles nautiques jusqu’a Mindelo et sa marina promise. La VHF crache en Cap Verdien, la terre est en vue. Le soleil radieux, l’alizé solide d’une vingtaine de noeuds, on progresse sous un ris et génois roule. On arrive par l’est, en longeant l’ile de Santa Luzia. Durant mon quart de nuit, entre 23h et 3h, le rituel est toujours le même . D’abord un bon café pour me tenir éveillé , ensuite écouteurs sur les oreilles et on passe en revue les chansons stockees sur mon portable. Le plus grand artiste belge du 21ème siècle , Stromae, a fait une chanson « Ave Cesaria » en hommage à la plus célèbre des CapVerdiennes, Cesaria Evora. Et elle n’est pas mal du tout ! L’autre artiste que vous devez découvrir est Ayo, avec ses chansons comme Fire ou Who ! (faites une recherche dans google pour les écouter sur Youtube)

On aura mis exactement 7 jours (7x 24h) pour effectuer les 800MN entre La Gomera et Mindelo. Il faudra augmenter un peu cette moyenne de 4,8 noeuds pour la suite du voyage vers la Martinique. Prochaines nouvelles depuis la terre ferme !

Position le 24 nov a 10h20
16N57,1′
24W49,0′
Vitesse 6 noeuds
Cap 284
Distance de Mindelo 12 MN !!!! Encore 2 bonnes heures quoi !

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23 nov – 7eme jour – Atterrissage africain

L’Atterrissage en voilier consiste à arriver dans un port ou un mouillage pour mettre fin a la navigation. Cette phase est aussi délicate que pour un avion. Les dangers sont des courants inconnus, des marées surprenantes, des cailloux non-hydrographiés, des récifs … Idéalement, l’approche se fait pendant la nuit. De loin, il est en effet plus facile d’identifier des feux (3 éclats toutes les 10 sec ou 2 éclats toutes les 20 sec) que des crêtes ou des villages. Et se finit de jour pour identifier les bouees du chenal jusqu’au port. Pour notre atterrisage africain a Mindelo, il n’y a pas de dangers particuliers. Pas de passe sinueuse entre les récifs, ni de houle mauvaise. Le plus grand danger est une ou deux épaves dans le port qu’on évitera soigneusement. De plus, il y a 4 ans je m’étais rendu dans le même port cet archipel du Cap Vert.

L’escale fera du bien a tout le monde. Avec Madère, c’est un peu l’escale de rêve de ce voyage aller.

Hier samedi, nous avons passé la journée sous spi tribord amures, direction plein ouest. Durant la nuit, Tikehau naviguait sous Génois et Grand Voile vers le Sud Sud Ouest. Theo et Gab ont profite des conditions clementes pour travailler sur leur projet. Hier soir, apres avoir affalé le spi(naker), on a mis Tikehau a la cape pour profiter d’une baignade. L’eau est très bonne à 25 degrés. Risotto courgettes champignons gingembre ail (ail ail ail) tomates sechees jambon de parme parmesan arrose de vin rouge pour le repas (delicieux) du soir. JM s’est même resservi.

Il y a plein de poissons volants autour de nous, mais nos 2 pêcheurs du bord n’attrapent toujours rien avec leur traîne (trop courte). Je garde de très bons souvenirs des dorades d’il y a 4 ans… On n’a pas croisé de bateau depuis 2 jours.

Position le 23 nov a 13h40 TU
17N43,5′
23W14,9′
Cap 280
vitesse 5,5 kts
Il y a 15 noeuds de NNE sur zone, on est a 110 MN de Mindelo, on devrait arriver demain debut d’apres midi.

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22 nov – 6ème jour – Opération Bricolage

Les alizés sont la, on les sent ! Les alizés (Tradewinds en anglais) sont des vents plus ou moins constants qui poussent les voiliers de l’Afrique vers les Antilles. La navigation est donc agréable et cela commence franchement à chauffer.

La mise en place fut pénible , hier soir, le vent a progressivement tourné de l’ouest vers le nord et molli en consequence. On a multiplié les manoeuvres sur le pont. Allumé , éteint le moteur… ah ces vents irréguliers . Cette nuit, des étranges traces de photoplancton se dessinaient autour de Tikehau. Elles progressaient a toute allure, disparaissent, 2 ou 3 en parallele, zigzagzaguant…. Je mis un instant a comprendre qu’il s’agissait de dauphins s’amusant avec notre vague d’etrave. Ils sont restés la pendant une petite heure.

Ce matin, c’est bricolage dans tous les sens. Théo et Gab ont envoyé le spi 3 fois en une heure, une fois a tribord puis 2 fois a babord. JM expérimente avec le frein de bôme , vêtu de seulement de son maillot.
Mano et moi meme essayons de résoudre le probleme de l’hydrogénérateur. Cette petite turbine qu’on glisse dans l’eau qui devrait produire l’électricité necessaire au bord. Cependant, la fiche qui connecte la turbine au convertisseur AC DC a été mal remontée lors des précédentes (tentatives) de réparations . Je crains que nous ayons besoin d’une nouvelle fiche ainsi que des pines pour connecter le tout.

Petit problème , on n’ avance pas du tout sur la route directe vers Mindelo au Cap Vert, on pense toujours y arriver lundi 24 nov. On devra repartir le 28 au plus tard pour être le 20 decembre en Martinique au Marin.

Position a 10h50 TU le 22 novembre
18N58,2′
21W32,8′
Cap 279
Vitesse 5,5 kts
Distance de Mindelo – 230 MN

21 nov – Cinquième Jour de Mer – Place au beau temps

Alors que j’écoutais Me Gustas Tu (Manu Chao) cette nuit durant mon quart, je compris que toutes les peines (grains) qu’on avait eu les jours précédents étaient déjà oubliés. Rien de plus beau que de voir filer notre voilier sous les étoiles, dans le silence, seul sur le pont sous un ciel étoilé. Je ne vois plus la grande ourse, mais Cassiopée (le W) est bien visible derrière nous.

Je sens que l’equipage a hate qu’on arrive, l’enthousiasme est moins grand quand il faut ranger nettoyer preparer a manger. C’est toujours commec cela, les jours les plus longs sont les 2 ou 3 avant l’arrivee.

Le beau temps est enfin la alors qu’on a passe la latitude de Cap Blanc (Mauritanie). Fini les dépressions, les fronts ? On verra, mais le calme fait du bien après le lave linge de hier. Il doit y avoir 25 degrés au moins, le ciel est bleu bleu bleu, le fond de l’air encore un peu frais car le vent vient d’ouest encore. Cela changera avec la bascule dans les heures qui viennent vers l’est.

Position a 12h40 TU le 21 novembre
20N31,0′
20W26,5′
Cap 235
Vitesse 5,7 kts
Distance de Mindelo 336 MN au 240

ETA lundi donc. Cela nous laissera que 2-3 jours complets sur place, mais nous fera le plus grand bien.

20 nov – 1 grain 2 grains 3 grains

On a enchaine les grains comme les perles sur un collier.
Le vent etait toute la journee entre 20 et 28 noeuds.
Cela semble enfin se calmer et le vent est passe nord.

On a 2 malades, et Theo nous a prepare un diner delicieux.

Position 20 nov 19h20 TU.
21N58,7′
19W35,5′
Cap 245
Vitesse 6 noeuds
Distance Mindelo 430 MN (ETA lundi)

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