Les Canaries faites pour la voile en hiver

Un an après avoir fait escale dans les Canaries à bord de Tikehau lors de notre transat l’année dernière, et  5 ans après la transat Glénans, nous sommes de retour dans ce merveilleux archipel. Les Canaries sont à tort dépeintes comme une destination à « toutous » – c’est le cas si vous restez coincés autour du Sud de Tenerife (los Cristinianos et compagnie), le Nord est déjà beaucoup plus plaisant Santa Cruz, la plage las Teresitas, le parc Anaga et la Orotava. Sans oublier le volcan El Teide. Et puis, n’oubliez pas la Palma, El Hierro ou la Gomera qui sont de véritables bijoux.

Après 4h de vol RyanAir, nous atterrissons à Tenerife Sul et louons une voiture pour toute la semaine, bien qu’on ne l’utilisera que 2-3 jours, le prix étant tellement dérisoire (10€/jour). 2h de route et nous sommes à la Darsena Pesquera, à quelques kilomètres au nord de la Capitale Santa Cruz, nous y retrouvons le Mambo Tango – le Dehler 39 sur lequel nous avions déjà navigué vers la Suède en 2012. Un peu plus loin se trouve le nouveau voilier de Dominique, qui fut jadis mon stagiaire à bord de l’Oceanis 43 Manoua.

Avant de décharger nos affaires, le gardien de cette marina nous demande qui on est. Je lui montre un document signé comme quoi Roland nous prête son voilier, rien n’y fait. Il croit qu’on est des imposteurs malgré le témoignage de Dominique, le fait qu’on ait la clef du voilier… Heureusement que Roland répondra quand le gardien l’appela en Belgique !

Cette fois-ci, Mano et moi ne naviguerons qu’à deux, quel bonheur de ne pas devoir expliquer, ré-expliquer, vérifier, attendre, comprendre, d’autres équipiers. Après avoir déchargé nos courses, nous passons rapidement dire bonjour à Dominique avant de filer manger à Santa Cruz. On est HEUREUX. Déjà on est en T-shirt, les gens sont détendus, les serveurs sont sympathiques, et il y a du Gin Tonic.

2ème jour – Santa Cruz – Los Cristianos 

Après une mauvaise nuit due à l’excitation de renaviguer, nous nous mettons très doucement en route. On passe par le bateau de Dominique pour le café, expliquons au capitaine du port qu’on revient fin de semaine, et yallah c’est parti.

Pour cette première étape, nous longeons la côte sud de Tenerife, au portant, et c’est juste dingue. Les souvenirs de notre passage il y a 1 an nous envahissent et nous profitons de cet instant magique. Le vent forcit et la mer monte, et  à hauteur du cap Punta de Abona, les creux de ~2-3m se révèlent un rien dangereux. Je n’ai plus l’habitude et je stresse même un peu. 20 nœuds de vent, 2m de creux, 8 nœuds de vitesse pour Mambo Tango ! Le tout accompagné par un gigantesque banc de dauphins chassant des poissons qui sautent hors de l’eau en banc également.

Passé la pointe, le vent tombe totalement et c’est au moteur, le soleil tombant que nous finissons notre trajet jusqu’à los Cristianos. Il fait quasiment nuit quand nous jetons l’ancre à quelques lieues du port à toutou par excellence. Le mouillage est un brin rouleur et nous y passons une très mauvaise nuit.

3ème jour – Los Cristinianos – San Sebastian de la Gomera

La principale difficulté de la navigation aux Canaries est le manque de mouillage et de ports abrités. Impossible de faire de courtes etapes de 15-20 MN, il faut souvent 30 à 50 milles de navigation (6 à 10h) entre deux abris.

C’est donc avec des petits yeux que nous quittons Los Cristianos. Le mouillage recommandé par Roland est abrité des alizés mais le petit clapot nous a empêchés de dormir. Comme prévu, le vent monte progressivement alors qu’on fait route plein ouest et le ris dans la grande voile se révèle bien utile. On aperçoit quelques dauphins et des globicéphales au loin.

En 3 heures à peine, nous atteignons San Sebastian de la Gomera. On se prélasse le restant de la journée sur la petite plage à côté du port avant de finir pour l’apéro sur la place du village. Autour de nous, nous entendons parler français et italien. Ce sont des marins qui rêvent tout haut de leur première transat à venir. Et si on lâchait tout et on empruntait Mambo Tango pour 1 mois ou 2… histoire de vivre l’aventure rien qu’à deux.

4ème jour – Randonnée sur la Gomera – vallée de Benchijigua

C’est en stop que nous partons à la découverte de la partie Sud de l’île. Un couple d’Allemands ne parlant pas un demi-mot d’anglais nous emmène gentiment à l’aventure. Ils sont cependant des pros de la rando sur la Gomera (equipés d’un GPS et de cartes high tech), et c’est avec leurs conseils que nous entamons une balade de 4h un peu au milieu de nulle part. Nous partons de ~1100m d’altitude est descendons une vallée incroyablement verte et déserte. #GrandKiffe

Nous sommes véritablement seuls dans ce dédale verdoyant qu’est la vallée de Benchijigua. Le calme nous impressionne. Après plusieurs heures de descente, nous arrivons un peu par hasard à Santiago, village côtier un rien perdu. Par hasard, c’est le même village où nous avions été après l’ascension du mont Garajonay l’hiver dernier. Sans rater le bus retour vers San Sebastian cette fois-ci. Sur la place du village, nous nous attablons au seul café un rien ouvert pour manger un petit morceau et gratter les « win for life » ramenés de Belgique. Petite baignade dans l’eau plutôt agitée et frisquette.

De retour à San Sebastian, nous dînons à bord du Mambo Tango avant de retrouver les platanes de la place centrale.

5ème jour – Randonnée Valley Gran Rey à la Gomera

Sans avoir trouvé de voiture voulant nous prendre en stop, nous nous résignons à prendre le bus partant à 10h30 de San Sebastian. On mettra plus de 2h de serpentins dans la montagne de la Gomera pour atteindre Arure. Après un petit morceau de pain avec du Jamon dans la seule taverne du village, nous marchons sur une crête durant de nombreuses heures avant d’arriver à l’aplomb de Valle Gran Rey.  La vue est incroyable et ressemble à ce que nous avons vu au Cap Vert (Santo Antao).

La dernière heure de la rando consiste en une descente abrupte d’un escalier. L’arrivée à Valle Gran Rey – La Calera n’augure rien de bon. Les restos ont des menus en allemand (à la rigueur en espagnol mais pas en anglais), c’est bétonné, et il y a du monde. Après du réconfort à une terrasse, je me baigne brièvement dans la mer toujours trop froide à mon goût avant de reprendre le bus pour ~3h dans la montagne.

On dîne dans le dernier resto à la mode de San Sebastian, tenu par une française, on y mange un burger au foie gras et de l’excellent poisson frais.

6ème jour – navigation San Sebastian (La Gomera) à San Miguel (Tenerife)

30 MN de navigation (~6 heures) pour rejoindre San Miguel (Tenerife). Le vent est favorable et nous progressons bien jusqu’à la pointe sud de Tenerife où le dévent est trop important. C’est à ce moment que nous croisons 3-4 globicéphales. Nous restons prudemment à une centaine de mètres, contrairement à un autre voilier qui n’hésite pas à foncer au milieu du groupe. Malgré les presque 1000 photos prises en rafale, rien de digne à vous montrer !!

Roland nous avait prévenu. La marina de San Miguel n’a que 2 intérêts. Son nom et sa localisation à quelques km à peine de l’aéroport et surtout le seul port entre Santa Cruz et La Gomera. Pour le reste circulez il n’y a rien à voir. Le personnel est plutôt désagréable. Heureusement nous y avions réserver une place bien à l’avance.

Aux alentours, un complexe touristique vide et… c’est tout. Bref on s’emm… !

7ème jour – San Miguel à Santa Cruz (Tenerife)

Nous partons extrêmement tôt de San Miguel pour passer le fameux cap Abonda avant le lever du soleil, avant que le vent ne se renforce… Car même s’il n’est que 5 h du mat, le vent de face souffle à plus de 20 nœuds de vent et c’est au moteur que nous affrontons les vagues. Pendant que Mano continue sa nuit, je suis seul dehors (attaché avec un harnais biensûr) et j’enchaîne les embruns en pleine figure. Oh joie… Le tout pendant plus de 3h… jusqu’au franchissement du fameux cap Abonda où le vent se calme. En route nous croisons à nouveau des dauphins (on en a presque plus rien à fiche 🙂 ).

Alors qu’on arrive à la Darsena Pesquera au nord de Santa Cruz, nous croisons le voilier de Dominique qui fait la très courte navigation entre la Darsena et le port de Santa Cruz.

L’après midi, nous nous languissons sur la Plage las Teresitas jusqu’à ce que les rafales de vent aient raison de notre tolérance au sable dans les yeux. On finit la journée comme il le faut à Santa Cruz… Resto, Gin Tonic… bref la totale quoi !

 

8ème jour – San Miguel à Santa Cruz (Tenerife)

Après le rangement et nettoyage du Mambo Tango, nous profitons des dernières heures à Tenerife sur la plage de Las Teresitas.

A la prochaine les Canaries – car oui on reviendra c’est certain !

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Articles Tenerife sur le blog MigTheSailor

Vidéo de Tenerife en Novembre 2014

 

Une réflexion sur “Les Canaries faites pour la voile en hiver

  1. Mais c’est formidable!

    Je ne me rendais pas du tout compte que vous aviez eu une telle semaine de rêve !

    Décidément on ne raconte jamais assez.

    Merci pour le reportage.

    Si je m’écoutais, je partirais… aussi vite !

    Bizz,

    B

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