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Virtual Regatta – options pour la remontée de l’Atlantique Sud

Après 6 semaines de courses, au point Nemo, les 20.000 premiers du Vendée Globe virtuel se tenaient dans une poignée d’heures. Entre Nemo et le Cap Horn, soit 5 jours, la flotte s’est éclatée et un petit groupe de 3.000 coureurs a pris la poudre d’escampette avec un matelas de 2-3 heures déjà.

Avouons-le, le tour de l’Antarctique fut long et même ennuyant par moment, avec des voiliers à la queue-leu-leu le long de la zone d’exclusion Antarctique (ZEA). Le plus frustrant pour les leaders fut que cela revenait sans cesse par derrière. C’est-à-dire que les poursuivants bénéficiaient de meilleurs conditions météos qu’eux

Atlantique Sud – L’anticyclône qui barre la route

Décidément, l’Atlantique Sud aura joué les troubles fêtes tant lors de sa descente que de sa remontée. La faute, un anticyclone de Saint-Hélène qui prend ses aises et s’étend sur toute la largeur de l’océan. Les marins virtuels n’auront d’autres choix que de le traverser.

La situation au 26 décembre ne va faire qu’empirer. L’anticyclone devenant littéralement gigantesque.

Routages pour 3 positions différentes (24/12 à 16h)

Pour analyser le casse-tête de l’Atlantique Sud, je vais analyser les options pour 3 voiliers.

  • Tipapachéri (25ème), passé par le détroit de Le Maire, il est en route pour couper par les Malouines
  • LuxairFrance (1.909ème) – compère de Tipapachéri au sein de la team MCES – c’est tout simplement le plus gros palmarès de la voile virtuelle. Il est décalé à l’Est.
  • Ian Lipinski – double vainqueur de la mini-transat (réelle!!) et vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre. Cet excellent marin pointe à la 27.000ème place de la course virtuelle et est en passe de franchir le Cap Horn

Pour effectuer les routages, j’ai mis un point au large de Recife (la pointe du Brésil). Nous utilisons le modèle GFS 90 km, la polaire Virtual Regatta à 96% et le logiciel météo Squid X.

La première chose qui saute aux yeux. Les 3 trajectoires se regroupent et se suivent. Même si la situation est compliquée, les routages – peu importe la position (Tipapachéri vs LuxairFrance), où le retard en temps (Ian Lipinski) semblent unanimes, il faut faire route vers le Nord-Est. A noter que Tipapachéri & LuxairFrance devraient se rejoindre.

Cela revien(drai)t encore par derrière

Ian Lipinski, qui accuse 300 MN (15-20h) de retard au moment du passage du Cap Horn, va bénéficier de meilleurs conditions et refaire son retard.

Mise à jour le 25/12 à 10h – un break à l’avant

Une légère bascule pendant la nuit de Noël a permis au groupe emmené par Tipapachéri de passer sans encombre au travers des Malouines. Les nouveau routages leur donnent une belle avance sur LuxAirFrance. Le retard de Ian serait également conséquent.

Conclusion

Les multiples zones de vent faible à contourner vont offrir un magnifique terrain de jeu – fini le train le long de la ZEA. Cependant, et c’est l’histoire de ce Vendée Globe. Est-ce que les retardataires vont encore bénéficier de meilleures conditions et pouvoir revenir sur les leaders?

MigTheSailor – 933ème à l’approche des Malouines

Virtual Regatta – Routage 16 novembre – Atlantique Sud

La louche brésilienne ou couper le fromage? Tel est le dilemme pour la flotte des e-sailors de ce 9ème Vendée Globe au moment où ils déboulent au reaching plein sud vers le pot-au-noir. La louche brésilienne demande d’investir des milles et de s’éloigner de la route directe, tandis que tenter la route plus directe (couper le fromage) est moins risquée au niveau des classements intermédiaires

Pour rappel, en 2008-2009, cette fameuse louche brésilienne avait permis au Professeur – Michel Desjoyeaux – de revenir sur la flotte avant d’ensuite arracher un deuxième sacre sur le Vendée.

Routage au 16 novembre à 8h45 UTC

J’ai effectué 3 routages en ce 16 novembre à 8h45 UTC. (9h45 heure française). En disposant des waypoint plus sud, plus est, et en ayant une vue à 10-12 jours. Le routage Sud et Est m’envoie via la fameuse louche brésilienne.

Sur le premier graph, on voit que la route en rouge (louche brésilienne) avance mieux et passe très proche de Recife. Elle demanderait de faire un cap au 190-200 dès maintenant, tandis que la route « directe » demande de faire un cap au 170°.

Atlantique Sud

Sur le prochain graph, on voit que la louche brésilienne est gagnante sur les 2 waypoints plus au sud (et est). Il s’agit cependant d’un routage à 12 jours, faible en fiabilité.

Investissement à haut risque

D’autant plus que à l’heure où j’effectue cette première analyse, l’investissement que représente la louche brésilienne est énorme. Ainsi, le 24 novembre à 12h UTC, les bateaux seront presque à la même latitude (quoique un peu d’avance pour la route brésilienne), mais avec un décalage de 800 MN en EST-OUEST. Qui osera investir un retard de 800 MN (soit 3 jours de nav!!!) dans l’espoir de toucher des meilleurs vents?

Conclusion: trop tôt pour conclure – je reste au centre

Alors que mon IMOCA est placé entre les OUEST (Toppen, Tipapachéri) et les EST (Luxairfrance, Loskipper), je vais rester bien sagement au centre, entre les 2 options et attendre encore 1-2 jours que la situation se décante dans l’Atlantique sud. Je fais cap au 176°, compas non verrouillé pour encore 24 heures.

Virtual Regatta – Météo et Routages au 10 novembre

Ce début de Vendée Globe 2020-201 est tout simplement inédit d’un point de vue météorologique. Alors que la baston est traditionnellement réservée pour le Golfe de Gascogne et les côtes portugaises ou du moins les Canaries signifient l’arrivée des jours meilleurs. Traduisez: long surf au portant, vent d’une vingtaine de nœuds, poisson volant et le thermomètre qui grimpe. Cette édition est inédite. Les concurrents (virtuels) affronteront au moins 2 bastons entre la point de l’Espagne (Cap Finisterre) et les Alizés au Sud des Canaries.

Pascal Bidégorry expliquait il y a quelques jours: « La situation météo est beaucoup plus complexe qu’il y a quatre ans où les concurrents avaient fait du reaching dans le golfe de Gascogne, mis une voile de portant au cap Finisterre, contourné l’anticyclone des Açores et c’était parti ! Ils étaient rentrés dans les Quarantièmes en n’ayant pas du tout de mauvais temps. »

Mercredi 11 novembre : passage de front, vent favorable, puis vent faible

La météo de ce mercredi 11 novembre se comprend le mieux en l’analysant en 3 phases.

  • Phase 1: vent fort défavorable. Il s’agit de faire route vers le front le plus vite possible pour prendre les vents portant (=favorable) le plus vite possible. Avantage au bateau le plus au Nord
  • Phase 2: vent favorable au portant. Une fois le front passé, les bateaux peuvent faire cap au sud (200 puis 220°) à des grandes vitesses (20 nœuds). Les bateaux qui n’ont pas encore pas encore franchi le front n’avancent qu’à 10 nœuds face au vent.
  • Phase 3: vent faible: Mercredi après midi, une vaste zone sans vent (ou vent faible) va venir perturber la marche des bateaux vers le sud.
Phase 1: Vent fort défavorable. Les 3 bateaux (nord (jaune), milieu (vert) et sud (rose) font route face au vent
Phase 2: Vent favorable après le passage du front. Les bateaux MigTheSailor1 et Tipapacheri ont franchi le front, et ont du vent favorable. Ils avancent à 20 nœuds dans la bonne direction
Phase 3: Les bateaux longent (ou atterrissent?) dans une zone sans vent

Jeudi 12 novembre : s’extraire de la molle à tout prix !

De très nombreux skippers risquent de s’arracher les cheveux durant la journée de jeudi. Le premier enjeu sera de sortir de la molle (zone sans vent). Gare à ceux qui restent englués trop longtemps.

Ensuite, il s’agira d’enrouler la dépression (tropicale?) au large des Açores pour descendre dans du vent favorable vers le sud.

Vendredi 13 novembre – tempête tropicale Têta

Autres sources:

https://www.ouest-france.fr/vendee-globe/vendee-globe-virtual-regatta-ne-pas-rater-les-prochaines-heures-7045480

https://voilesetvoiliers.ouest-france.fr/course-au-large/vendee-globe/vendee-globe-l-heure-des-choix-nouvelle-analyse-strategie-de-mino-vittet-c8f4787a-2105-11eb-9386-cdc1164295a9

Centre de surveillance des Cyclônes: https://www.nhc.noaa.gov/

Virtual Regatta – J-2 routage départ Vendée Globe

A J-2. Le Vendée Globe, et sa version virtuelle sur Virtual Regatta, est l’occasion de faire tourner des routages dans Squid – le logiciel de routage de la société belge Great Circle. Un logiciel de routage permet d’optimiser la route d’un voilier en fonction des polaires du bateau et des données météos.

Routages dans Squid

Paramètres de bases

Pour faire tourner le routage, j’utilise les paramètres de base suivant.

  • Polaire de vitesse du voilier (version Virtual Regatta)
  • Prévisions de vent Modèle GFS 25km
  • Date & heure départ (8 novembre 13h02 heure française)
  • Point départ & point d’arrivée

La polaire de vitesse exprime la vitesse d’un bateau en fonction de la direction et de la force du vent. Les polaires peuvent aussi varier en fonction des voiles (Spi, Gennaker, etc.) et de l’état de la mer.

Le modèle météo de prévisions a également son importance. Il en existe des dizaines (en France: arôme, arpège, etc.) qui ont chacun leur spécificités. Certains sont payants. J’utilise le modèle gratuit GFS (Global Forecast System) avec une maille de 25 km (c’est à dire qu’il prédit le vent dans des cases de 25km). Il existe aussi le GFS 112 km par exemple, qui sera moins précis.

La date et l’heure de départ sont fixés par la course. Dimanche 8 novembre à 13h02.

Le point de départ: Les Sables-d’Olonnes bien sûr. Le point d’arrivée est à choisir, car le routage ne sera précis que sur 5-6 jours, il faut choisir l’endroit vers lequel on souhaite se rapprocher le plus. J’ai pris un point proche de l’équateur, légèrement à l’ouest du Cap Vert.

Polaires de vitesse dans Squid pour Imoca ancienne génération
Ecran input de Squid – heure départ 8 novembre 2020 à 13h02 heure française – j’ai choisi 12h15 heure TU (soit 13 min plus tard)

Analyse de sensibilités

Le routage initial est basé sur une série d’hypothèses. Il est important d’analyses la robustesse du routage en analysant la sensibilité d’une série de paramètres

  • Polaire de vitesse du voilier (utiliser un facteur 0,95 ou 1,15 sur la polaire)
  • Prévisions de vent Modèle GFS 25km (utiliser un autre modèle météo)
  • Date & heure départ (8 novembre 13h02 heure française – 12h15 TU dans squid) (décaler le départ plus tôt ou plus tard)
  • Point départ & point d’arrivée (déplacer le point d’arrivée)

Sensibilité sur l’heure de départ

Je fais 2 simulations sur l’heure de départ (qui est fixe pour la course). Cela permet d’estimer la sensibilité si le système météo est en avance ou en retard par rapport aux prévisions. Les 3 courbes, scénario de base et -6 heures plus tôt et +6 heures plus tard ont grosso modo la même trajectoire et durée jusqu’au waypoint au cap vert. Un scénario où la flotte partirait bien au large, vers l’ouest (et non vers la point de l’Espagne) se confirme.

Sensibilité sur la polaire de vitesse

Je fais 2 simulations supplémentaires pour analyser la sensibilité du routage à la vitesse du bateau. Une simulation avec 5% de plus, et une avec 5% de moins. Encore une fois, les routages se confirment. Un bateau plus rapide – à 105% – pourrait virer un rien plus tôt (la courbe jaune)

Roadbook

L’outil Squid permet de lister les caps à suivre. On comprend qu’il faudra virer au moment ou le front passe (vers 5:15).