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Panama – pays à découvrir au delà du Canal !!

Panama est le premier pays d’Amerique Centrale que nous avons visité. La liaison aérienne Martinique – Panama fut compliquée avec une escale à Puerto Rico puis à Miami… À San Juan à Puerto Rico nous sommes sortis de l’aéroport pour quelques heures, le temps de parcourir le sympathique centre ville historique avec nos deux sacs (12 kg + 6 kg) sur le dos au milieu de milliers de touristes sortis d’immenses paquebots de croisière. On a fini la soirée dans un bar resto américain à regarder le superbowl… Pour l’anecdote, en retournant à l’aéroport, il fit tellement froid dans le terminal qu’on dormit à l’extérieur à même le sol comme des clochards.

Panama City

C’est donc après 24 heures de voyage qu’on atterrit à Panama. La ville s’est développée à une allure fulgurante les 20 dernières années et ressemble à s’y méprendre à Miami. Les mauvaises langues diront que les deux villes se sont construites au même moment avec le même argent du trafic de drogue. Le skyline de Panama compte donc des centaines de gratte-ciel et nous rappelle Kuala Lumpur ou Shanghai. Nous logeons au milieu des tours dans une Hostel surpeuplée la première nuit.

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Skyline Panama

Mno et Mig - vue Panama City

Mno et Mig – vue Panama City

Outre le nouveau Panama City centré autour du quartier de Marbella, la vieille ville Casco Viejo est restaurée avec beaucoup de goût depuis quelques années. On y flâne dans les petites ruelles, ainsi qu’au marché aux poissons où l’on mange à toute heure du poisson cru (ceviche) avec une bière… Le tout pour moins de 5 $. Le pays garde des relations étroites avec les Etats-Unis et le US$ est la monnaie officielle.

Le Carnaval est très important pour le pays, 4 jours fériés, et l’artère principale de la ville est bloquée pour la fête pour la même durée. A côté des chars et troupes de danses, de très nombreux stands de bouffe et des concerts. L’ambiance est bon enfant, loin des beuveries que peuvent être les fêtes de Wallo ou autres. A quelques kilomètres de la ville seulement se trouve l’attraction phare de la ville, le Canal.

Casco Viejo - Panama City

Casco Viejo – Panama City

Carnaval Panama City

Carnaval Panama City

Canal de Panama – chef d’œuvre de l’homme 

Véritable poumon économique de la région, le Panama vit entre autres grâce à son fameux canal.   Le transit de bateau injecterait au total plus de 10 milliards de USD chaque année dans l’économie. Comptez 2500 US$ pour le passage d’un petit voilier, mais quelques centaines de milliers US$ pour un cargo.  Au Miraflores Locks Visitor Center, nous passons d’abord par un intéressant musée relatant la construction du canal ainsi que son agrandissement en cours. C’est la France (après le succès de Suez) qui a entamé la construction du canal au 19ème siècle, mais ce sont les Etats-Unis sous le commandement de l’ingénieur d’origine belge G.W. Goethals qui finissent le boulot en 1914. Le canal long de 78 km permet de réduire la route maritime reliant San Francisco à New York de plus de 10.000 km. On finit la visite du canal par une vue surplombante sur les écluses et les bateaux Panamax qui passent. Quelques jours plus tard…. Nous passions dans ces mêmes écluses à bord de Bonobo, un catamaran en Alu de Marc et Nadine. Lire récit complet ici ! 

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Boquete – fraîcheur en montagne 

Boquete est une petite ville de moyenne montagne qui a soudainement connu une renommée mondial lorsqu’un magazine américain a décrété que c’était le meilleur endroit au monde pour passer sa retraite. La ville compte donc beaucoup d’expats américains et l’immobilier s’est fortement développé. Nous y restons pour 3 agréables journées à se balader dans les montagnes, admirer le mont Barru, ainsi que visiter des producteurs de café. Ce qui nous a surtout surpris c’était la température, 20 degrés à peine en journée.

Bocas del Torro – plus que de la plage 

Bocas del Torro, littéralement « la bouche du taureau », est un archipel situé tout à l’ouest du Panama sur la côte caraïbe. Destination touristique par excellence, le surf, la plage, mais aussi des balades à vélo électrique ou encore des tours en « lancha » (barque avec puissant moteur) au milieu de la Mangrove sont nos activités préférées. Le soir, nous mangeons des ceviches ou sushis au resto « Raw Fusion ».

San Blas – territoire indigène Guna Yala

L’autre archipel panaméen à la renommée mondiale s’appelle San Blas, situé à l’extrême est côté caraïbe du Panama (frontière colombienne). Plus de 365 îles avec quelques cocotiers seulement et du sable sont habitées par les indigènes Gunas. Ils se sont battus au 19ème siècle pour rester indépendants et vivent aujourd’hui toujours dans des huttes plutôt précaires. On y a passé 3 jours à manger du poisson ou langouste fraîchement pêché(e), jouer au volley et explorer les autres îles.

San Blas Islands - Panama

San Blas Islands – Panama

Mig en Pirogue aux San Blas

Mig en Pirogue aux San Blas

Conseils pour voyager au Panama

– Pays sous estimé, accessible, américanisé, intéressant – bref à découvrir absolument

– Deux semaines ne sont pas de trop sur place – on aurait aimé aller à l’île de Taboa ou rester plus longtemps dans les San Blas.

– Allez y en hiver, lorsqu’il fait froid en Europe. Les vols depuis les USA sont très bon marché.
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Canal De Panama à Bord du Catamaran Bonobo

Les voiliers qui passent le canal de Panama, ont l’obligation d’avoir 4 équipiers dits « handliners » en plus du capitaine et du pilote à bord. C’est grâce à une annonce sur le Cruisers Forum que nous trouvons un poste de handliner sur le Bonobo. Un impressionnant catamaran en Alu mené par les atypiques Nadine et Marc.

On retrouve Marc et Romain au supermarché Rey à Colon en ce 12 février. Les deux comparses se sont connus quand ils travaillaient au Club Med dans les années ’80 comme GO de plongée. Romain, français vivant à Miami, est à Panama pour un week-end prolongé. En route pour la luxueuse Shelter Bay Marina, Marc nous raconte les dernières (més)aventures avec des équipiers embarqués … celui qui embarque pour 6 mois mais rentre déjà après 6 heures (de mal de mer), celle qui squatte le bateau pendant un mois et vide les réserves du bord… Oh bien-sûr il y a le bon souvenir de cet équipier qui dans une autre vie était chef coq !!

Après avoir franchi le canal en voiture et une bonne demi-heure de route, nous arrivons à la marina avec un brin de pression. Est-ce que nous serons nous aussi des équipiers boulets ??? L’ambiance de la marina nous met instantanément de bonne humeur, tant de voiliers qui sont en transit…. Ici on ne parle pas de la traversée de l’Atlantique (comme à Tenerife ou au Cap Vert), mais du pacifique, de la Polynésie … Nadine – la femme du bord – nous accueille avec un grand rire, nous installe dans notre gigantesque cabine pour 3 nuits et nous donne un peu de boulot… Pas grand chose en vérité hormis supporter le cagnard de 35 °C. Sur un autre ponton, nous tombons sur Lazy Jack, un gigantesque catamaran Catana skippé par un chirurgien belge. Lui aussi il fait un tour du monde et a une préférence pour les cuistots italiens.

A l’heure de l’apéro (il est toujours 5 heures quelque part), Claude – l’électricien français de la marina et sa compagne colombienne Erica – se joignent à nous. C’est le dernier soir dans la mer des Caraïbes et aussi l’heure des adieux pour Bonobo et son équipage. On enchaine les rhum punch et finissons par un délicieux poulet. Nadine et Marc sont pliés en quatre en me regardant écouter patiemment les théories conspirationnistes de Claude !

Le lendemain, au matin du vendredi 13, l’agent qui s’occupe de formalités administratives pour le passage du canal vient remettre tous les documents nécessaires. Plus qu’à attendre Guillaume, un autre français en voyage qui vient jouer le handliner comme nous et profiter de cette incroyable expérience.

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Tout était trop beau pour être vrai…. A midi trente, l’agent vêtu d’un polo orange passe en coup de vent nous annoncer que le passage du Canal est annulé car son patron n’a pas reçu de paiement. Il ne se rend pas compte des conséquences de ses propos, pire il ne semble pas gêné et ne cherche aucune solution. On le retrouve trente minutes plus tard sur un autre bateau de la marina. Marc et Nadine restent plutôt calmes malgré la gravité de la situation… Leur compte en banque a été débité (€2000 et plus…) et un report du passage retarderait leurs plans de voyage, gâcherait l’anniversaire de Marc, ainsi que notre passage du canal. De plus, il faudrait sans doute repayer le tout et perdre plusieurs jours voire semaines ici à Colon, ville sans intérêt et réputée dangereuse. T-shirt orange repasse par Bonobo pour expliquer que rien à faire, son patron a annulé le passage de notre cata…. C’est la catastrophe … Après une heure de palabres, on comprend qu’il est encore possible de passer aujourd’hui…. Mais il faut repayer l’entièreté du fee en cash… ( et espérer récupérer le montant déjà versé). Trente minutes plus tard, après un aller retour express pieds nus à l’automate pour Marc, t shirt orange compte patiemment les plus de 120 coupures de 20 USD dans le carré de Bonobo alors que le temps presse…

Nadine est la barreuse de l’imposant catamaran, et il n’a fallu qu’une minute entre le départ de l’agent et le largage des amarres. Nous traversons par un vent de plus de 25 nœuds la baie du port de Colon jusqu’au « Flats » où nous jetons l’ancre en attendant que le pilote embarque. L’horaire de notre passage des premières écluses change encore 3 fois et nous partons du mouillage qu’à la nuit tombée en compagnie de 2 autres voiliers, un danois – Sea Wolf , et un américain – Journey.

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Notre pilote n’est pas très bavard mais Nadine et Marc sont extrêmement bien préparés. La première manœuvre est d’emblée la plus délicate, les deux voiliers qui nous accompagnent se mettent à couple de chaque côté de Bonobo. Nous ne formons plus qu’un super voilier avec 3 mâts et 4 coques. C’est Nadine qui gère la manœuvre car Bonobo est le plus puissant avec deux moteurs de 55 CV et situé au centre de l’ensemble. En entrant dans les Gatun Locks, des employés du Canal lancent des pommes de touline vers les voiliers. Les handliners y accrochent leurs grosses aussières en nylon (qui flottent) et veillent ensuite à ce que les aussières restent tendues pour maintenir nos 3 voiliers au milieu de l’écluse. Il y a 4 aussières, 2 à l’avant et 2 à l’arrière… Si bien que nous sur Bonobo n’avons rien à faire car à tribord les « vieux » de Journey essaient de s’en sortir, et à bâbord les « jeunes » (et jolies) de Seawolf font le contraire de ce qu’il faut faire… Tout cela sous le regard amusé de l’équipage du Valliant Ace – mastodonte avec plus de 5000 voitures dans ses entrailles avec qui nous partageons l’écluse. Les remous que son hélice provoque sont impressionnants, nos amarres se tendent à bloc et un chaumard de Journey cède sous la tension !

A la sortie des 3 chambres des Gatun Locks, nous sommes montés en une petite heure de 3 fois 8 mètres à l’altitude du Lago Gatun. Ce lac artificiel est aussi une magnifique  réserve naturelle où passent plus de 30 porte-conteneurs, vraquiers ou transporteur de voiture par jour.  Il est 22 heures passé et nous passons la nuit à une bouée au mouillage. Pour fêter l’anniversaire de Marc – a mi chemin entre l’Atlantique et le Pacifique – et entre l’Amérique du Sud et du Nord – tequila et spaghetti Bonobo !!! Nadine est très contente de ses matelots et nous propose même de rester à bord jusqu’en Nouvelle Zélande… !! (Disons 1 an !) Marc approuve avec vigueur l’invitation de Nadine en me voyant faire la vaisselle comme un marin – c’est à dire avec un rikiki d’eau douce.

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Un nouveau pilote vient nous réveiller à 6h30 en ce jour de Saint-Valentin. Nous naviguons 30 MN (5h30) sur le Lago Gatun jusqu’à l’écluse de Pedro Miguel. Nous croisons un bateau de croisières et plusieurs autres navires au dimension Panamax…. Soit 12 mètres de tirant d’eau, 32 mètres de large et 305 mètres de long. Avec la construction de nouvelles écluses (prévue pour 2017) – la largeur maximale passera à 48 mètres  (dimension POSPANAMAX). D’ici une dizaine d’année, le projet de canal au Nicaragua porté par un consortium chinois aura peut être aussi abouti.

Nous voyons un crocodile sur les berges du fameux Gaillard Cut. Cet étroit goulot creusé par les français et puis par les américains, fit énormément de morts.

L’écluse de Pedro Miguel n’a qu’une chambre et nous descendons de 8 mètres avec nos deux voiliers amis mais sans cargo si bien que nous avons toute la place. Un mille plus loin se trouvent les portes du Pacifque – les écluses de Miraflores. Dans le centre des visiteurs, le speaker annonce que Bonobo est dirigé par une femme ! Deux chambres plus loin et nous quittons l’eau douce du Gatun pour le sel du Pacifique. Le pilote débarque également et nous amarrons Bonobo à une bouée du Balboa Yacht Club à Panama City. La ville est morte mais en agitation car tout le monde a pris congé pour le carnaval. On raccompagne Guillaume à Casco Viejo et nous continuons vers la première parade du Carnaval… Pendant 4 jours la ville ne s’est pas arrêtée…. L’artère principale longeant la côte étant d’ailleurs bouclée dans les deux sens et l’accès sévèrement contrôlé par des centaines de policiers.

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Conseils pour le passage du canal de Panama
– Prévoyez minimum deux semaines de formalités
– la Shelter Bay Marina de Colon a un forfait intéressant pour 31 jours si vous payez à l’avance par visa sur leur site web
– Choisissez votre agent avec soin, sachez que la société recommandée par la Shelter Bay Marina fait partie du même groupe que la marina
– Faites vous la main en tant que handliners sur un autre bateau
– Louez vos aussières en nylon de 50 mètres auprès de Tito – personne de confiance
– Les pneus ne se louent pas mais s’achètent auprès du même Tito – par contre bonne chance pour s’en débarrasser
– n’oubliez pas la clearance sortie à Colon ou à Panama, ainsi que le plein de fuel – car aux Las Perlas – ni clearance ni fuel !!

le jour J
– Briefer l’equipage et vos hardliners
– La qualité des pilotes varient fortement, ne comptez pas sur lui pour les manoeuvres, seulement pour les instructions – maintenant on entre, on se met à couple etc….
– Prévoyez glacière remplie de boissons car cela surchauffe….

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